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  • : Ce blog est un espace de liberté, où les femmes hypersexuelles pourront parler comme elles le veulent, se confier, et nous faire comprendre comment elles en arrivent à être ce qu'elle sont.
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Lundi 17 août 1 17 /08 /Août 23:42

 

Les arguments de Georges (pour justifier le viol d'Olga, cf son témoignage, plus bas dans le blog) et de ses amis m'ont scandalisée.

Autrement dit si je montre ma féminité, alors je suis assimilée à une pute : mon corps est disponible puisque consentement et disponibilité sont identifiés. Finalement peu importe mon consentement puisqu’avant tout ils me voient comme disponible sexuellement. Je suis considérée comme une prostituée, et si nous examinons plus loin encore les implications de cette réalité, se pose-t-on la question du consentement (et donc du risque permanent du viol) des prostituées ? Cela semble une évidence à l’opinion commune : comme elles sont par moments disponibles sexuellement moyennant argent, on en déduit qu’elles sont disponibles en tout temps, leur consentement et leur refus sont indifférents au monde.


Porter une jupe équivaut à chercher à être violée selon cette pensée machiste, laquelle unit la volonté d’une femme et le viol, comme s’il était possible de vouloir être violée. Ainsi, être habillée en femme finit par être provocant en soi. D’où l’implication éclairante : être une femme est provocant.

Tel qu’il est considéré, le féminin est provocant de fait, la femme par sa présence auprès de l’homme deviendrait la cause de la violence éventuelle de ce dernier. Le féminin s’il se montre est provocant ; s’il se cache, l’est moins. Ainsi, la pudibonderie féminine aurait pour but de diminuer la violence masculine, laquelle serait due aux femmes. Un comble!
Pourtant, quels que soient les efforts d’une femme faits pour dissimuler sa féminité, elle sera toujours obscène de par son corps puisqu’il est irréductiblement, irrémédiablement pourrait-on dire, féminin. Aussi masculinisée ou timorée que peut sembler une femme, elle reste femme, et donc, fondamentalement, obscène.


Dans les cas de viol, le consentement de la femme violée (le fameux « elle était consentante ») est allégué par celui ou ceux qui l’ont violée. On peut alors envisager le glissement opéré par la pensée machiste, allant du consentement sexuel d’une femme à sa disponibilité sexuelle, qui est nécessairement totale, permanente, sans répit, dépendante du bon vouloir des hommes qui veulent user du corps féminin : la femme est esclave sexuelle. C’est comme ça que Georges, que les jeunes de la cité dans les tournantes, mais aussi Rachid et Marie te voient Olga !

 

La modalité parfaite de la relation de domination est le viol. La gravité du viol réside dans l’appropriation de l’esprit et du corps de la femme par un autre, cette appropriation produit le doute quant à la volonté de celle qui est violée : elle ne peut pas saisir clairement que sa volonté est piratée par quelqu’un d’autre, contre lequel elle ne peut pas grand chose puisque le rapport de force a tourné en sa défaveur.

 

Le viol est l’ultime appropriation psychique et physique de soi par l’autre (appropriation par laquelle le violeur ne prend pas une femme de force, mais la force à le prendre dans son corps) Le fait que ce crime ait autrefois été classé comme attentat à la pudeur est en effet éclairant pour mon propos : le viol est attentat à la pudeur en ce qu’il est pénétration forcée d’un corps, ce corps qui est à la fois barrière et ouverture au monde, corps qui est protégé par, et protection de, la pudeur.


Au contraire de l’intention qui faisait du viol non un crime mais un simple attentat à la pudeur, je suggère de considérer le viol comme le pire crime qui soit parce qu’entre autres il est attentat à, crime contre, la pudeur.


Le sexe est la partie corporelle où le plaisir peut être physiologiquement le plus fort, de telle sorte qu’il est devenu difficilement acceptable pour la société et qu’il a fallu le réduire à la fonction de procréation et le couvrir de honte, en l’occurrence chez les femmes. Le sexe devient alors le lieu emblématique de la pudeur, et prétexte à pudibonderie : le sexe des femmes est si obscène qu’il faut taire son caractère indépendant du pénis et de l’enfant. Cet endroit où le plaisir est singulièrement fort, indécent, nécessite une intimité pour que le plaisir puisse se réaliser.
La sexualité nécessite l’intimité. Avec une personne que je désire, je vais au-delà de ma pudeur à mesure que mon intimité avec elle se crée, je la porte avec moi, je jouis de l’intimité qui existe avec l’autre. L’homme qui viole une femme saccage la pudeur de la victime. L’intimité de la femme violée est mise à la disposition du violeur, elle est désintimisée, vidée d’elle-même.


Aujourd’hui le viol n’est toujours pas reconnu dans sa réalité, avec ceci de propre au viol qu’il est le seul crime pour lequel la culpabilité retombe sur la victime, et non sur le bourreau. On retrouve ici la caractéristique de l’attentat à la pudeur qui fait culpabiliser celle ou celui qui en est victime, et lui coupe la parole.

Il faut probablement relier le refus obstiné de cette reconnaissance de la gravité du viol au refus de reconnaître aux femmes le droit à la pudeur, à l’intimité, à la volonté subjective, irréductible à la volonté des autres. Les femmes ne sont pas pleinement reconnues comme sujets, et cette absence de reconnaissance s’exprime par l’absence de respect de la pudeur des femmes.


Le viol se situe bien dans la logique de destruction de la pudeur féminine, destruction et affirmation de la non-existence de la pudeur. Un exemple : la société refuse le droit à la pudeur d’une femme qui invite un homme chez elle et qui refuse un rapport sexuel qu’il lui propose. S’il la viole, et si elle porte plainte, il y a peu de chances pour que sa plainte soit entendue : en effet, les mœurs estimeront qu’elle n’aurait pas dû l’inviter chez elle si elle refusait tout rapport sexuel (si elle ne voulait pas être violée pourrions-nous entendre). La femme doit se montrer pudibonde et refuser d’inviter l’homme à prendre un verre et converser, elle n’a pas le droit de refuser un rapport sexuel si elle n’a pas été pudibonde : elle n’a pas le droit à la pudeur. Elle doit accepter le rapport sexuel, c’est « bien fait pour elle » si elle a été violée, « ça lui apprendra » la pudibonderie. »

Gonzague a raison, ce sont les mentalités qu'il faut changer !

Par Anne - Publié dans : Analyses
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