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  • : Les femmes hypersexuelles
  • Les femmes hypersexuelles
  • : Ce blog est un espace de liberté, où les femmes hypersexuelles pourront parler comme elles le veulent, se confier, et nous faire comprendre comment elles en arrivent à être ce qu'elle sont.
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Jeudi 8 avril 4 08 /04 /Avr 14:13

Le but de ce blog est de traiter de l’hypersexualité féminine. Pourquoi ? Car elle est souvent mal vécue par les femmes, et surtout, par leur entourage. Une femme qui a un « grand appétit » sexuel est souvent mal considérée, traitée de tous les noms et indigne d’avoir sa place dans la société parmi les gens « biens ».

Il n’en n’est pas de même avec l’hypersexualité masculine, qui est le plus souvent valorisée. Il n’empêche que certains hommes la vivent mal. C’est pourquoi je publie aussi cet article qui leur est consacré.

 

 

 

Hypersexualité masculine est un terme ambigu qui recouvre trois situations très différentes :

le rêve d'exploits sexuels

l'obsession sexuelle

la pulsion hypersexuelle, c'est-à-dire l'excès de désir sexuel.

 

LE REVE HYPERSEXUEL

 

 

C'est le fantasme du "héros phallique", intrépide et dominateur, victorieux de la prétendue guerre des sexes. Ce mâle superpuissant a une érection admirable par sa dimension et sa durée, qui prouve, en se donnant un plaisir intense et en subjuguant des partenaires en pâmoison ou criant grâce, la supériorité masculine : c'est le rêve du "phallus dans sa splendeur" !

 

Ce fantasme engendre un comportement de recherche à la fois de la "normalité" et des moyens de la dépasser, dans l'espoir de devenir ce héros phallique. La recherche va donc porter sur l'anatomie et le fonctionnement de l'appareil génital.

 

 

Une anatomie idéale ?

 

La recherche concerne surtout la verge. Les questions peuvent ainsi se résumer:

 la verge a6t-elle une longueur et un calibre "normaux" ?

 le prépuce est-il trop long ou trop court ? 

 la peau est-elle normale ?

 y a-t-il assez de poils sur le pubis ? 

 les bourses et les testicules sont-ils assez gros ?

 etc...

 

Corrélativement, les questions concernant le corps sont aussi fréquentes :

 mon corps n'est-il pas trop fluet ? les mains trop graciles ?

 a-t-il assez de muscles, de poils, de cheveux ?

 la voix est-elle assez basse ? (mâle)

 

Si la normalité de l'appareil génital est démontrée, tableaux statistiques à l'appui, d'autres questions suivent :

 comment rendre la verge plus longue et plus grosse ?

 comment avoir plus de muscles, faire plus costaud ?

 comment grandir (après la puberté) ?

 comment avoir plus de poils ?

 comment avoir une voix plus grave ? etc...

 

En substance, comment être "plus" (hyper)-mâle ?

 

Indéniablement, la demande du sujet se réfère à une image de son corps comparée, consciemment ou inconsciemment, à un modèle masculin (choisi comme tel). Le sujet réclame donc que cette image partielle de son corps soit améliorée par un traitement - au besoin par une intervention chirurgicale dans laquelle il place tout son espoir d'être un jour normal ou "super-normal". Le rêve est passé par là...

 

Il n'est pas facile d'expliquer que la "normale" en anatomie est sujette à variations, plus ou moins mesurables, à l'intérieur d'un créneau de mensurations. La part de subjectivité dans la façon de "voir" son image, d'interpréter le regard d'un autre sur soi, est très grande. Les paramètres de la virilité sont variables aussi d'un individu à l'autre. Finir par s'accepter tel qu'on est demande un grand effort, tant la conviction d'un individu qu'il n'est pas normal ou qu'il pourrait être mieux, est ancienne - donc solidement ancrée.

Une fonction sexuelle encore plus performante

 

La demande cherche à obtenir une érection à volonté ou sans fin...dont le but peut être :

 soit la contemplation admirative et gratifiante du phallus, témoin "définitif" de la virilité,

 soit l'éjaculation par masturbation ou rapport sexuel.

    Ce double objectif se manifeste dans ces affirmations dionysiaques souvent entendues :

" je bande, donc je suis" -  "je jouis, donc je vis"

 

Le sujet recherche alors des stimulants variés ( épices, par exemple), des substances réputées aphrodisiaques, des drogues, au besoin dures, des exercices physiques ou plus "philosophiques" (yoga, tantrisme), des objets (cock-ring, photo ou films pornographiques) etc. Le succès du Viagra® est dû, en partie, au fait qu'il s'inscrivait dans le cadre de cette recherche: avoir autant d'érections que possible, quelle que soit l'utilisation qui en est ensuite faite - ce qui fait partie du fantasme.

 

Il existe un réel danger à utiliser certaines substances (amphétamines) ou drogues (ecstasy). Il n'y a pas seulement un danger d'accoutumance ou d'atteinte cérébrale, il y a aussi le risque de priapisme (voir "urgences andrologiques") qui, s'il n'est pas traité en urgence, peut évoluer vers une sclérose des corps caverneux, cause définitive d'impuissance.

 

Ce narcissisme délétère risque d'isoler le sujet qui, ne se jugeant pas normal ou pas assez bien constitué, n'ose plus pratiquer de sport ou avoir de relations sociales, notamment féminines. L'obtention d'érections ne débouche que sur des masturbations qui le culpabilisent et l'inquiètent sur leurs conséquences éventuelles - elles aussi fantasmées.

 

Il faut consulter le plus tôt possible afin que le médecin rompe le "cercle vicieux" dans lequel le sujet s'enfonce peu à peu.

 

 

 

L’OBSESSION SEXUELLE

 

 

 le désir sexuel est faible chez le sujet obsédé sexuel: le moteur de ses comportements compulsifs et incontrôlables est l'angoisse - angoisse profonde quant à sa virilité , c'est-à-dire une part de son identité. Il en résulte une activité frénétique qu'il ne souhaite pas vraiment, l’humilie et souvent le dévalorise à leurs propres yeux. Par exemple, certains hommes se masturbent jusqu'à l'éjaculation 10 fois par jour et davantage. Ou bien ils obligent leur partenaire à avoir plusieurs rapports sexuels par jour. 

 

L'objectif sous-jacent d'un tel comportement est de réduire une angoisse insupportable. Le soulagement obtenu par une masturbation ou un rapport sexuel est transitoire. L'angoisse réapparaît dès lors que l'activité compulsive est réprimée. C'est l'explication de comportements impulsifs soudains, incontrôlables, avec des partenaires de rechange - ce qui peut conduire le sujet, dans certaines circonstances, à la délinquance.

 

Le donjuanisme est représentatif de ce comportement. Le sujet, "chaud-lapin", a un besoin compulsif de séduire. La conquête sexuelle dans laquelle la partenaire est réduite à l'état d'objet (vaginal), équivaut à un brevet de virilité, jamais acquis définitivement ; car la conquête pour la conquête ne rassure que très provisoirement. Dès que l'angoisse réapparaît, le sujet repart pour de nouvelles conquêtes, sans fin... Casanova est le modèle historique de cette quête incessante de la séduction.

 

D'un point de vue analytique, cette recherche compulsive et angoissée de la virilité traduit l'immaturité de développement: le sujet est resté au stade phallique (pré-pubertaire) de son organisation psychologique, avec une peur viscérale de la castration ou de son équivalent : ne pas être viril. Une psychothérapie bien conduite, quand le sujet en ressent le besoin, peut l'aider à dépasser ce stade et à calmer sa profonde angoisse.

 

 

 

LE DESIR EXCESSIF

 

 

Dans l'hypersexualité, l'excès du désir est dû à une pulsion intense, hyperactive et dérangeante à la fois pour le sujet et pour les tiers.

 

Cette pulsion excessive provoque de fréquentes érections, voire une érection permanente (sans recourir à une quelconque drogue) et entraîne un besoin de satisfaction par de multiples masturbations ou rapports sexuels chaque jour - besoin finalement jamais assouvi. Quand le rythme de la demande est grand, aucune partenaire ne peut "suivre" - ce qui peut amener le sujet à la délinquance.

 

L'homosexualité, tout comme l'hétérosexualité, peut provoquer un comportement compulsif, avec répétition parfois incessante des rapports sexuels.

 

Le satyriasis est la forme extrême de l'hypersexualité. L'homme, quasiment en rut (comparé au satyre de la mythologie) poursuit femme, fille ou garçon, avec lesquels il espère satisfaire son besoin sexuel - coûte que coûte. C'est dans ce contexte là que la délinquance apparaît: la résistance du "partenaire choisi" provoque agression, coups, viol. Le sujet restera récidiviste aussi longtemps que sa pulsion sexuelle n'aura pas été réduite.

 

C'est pourquoi une cause de cette pulsion excessive doit nécessairement être recherchée - avec l'objectif de pouvoir traiter le sujet et de prévenir la récidive.

 l'hypertestostéronémie (excès d'hormone mâle) est parfois retrouvée. On sait  que la suppression de la sécrétion de testostérone par un traitement approprié entraîne habituellement une disparition du désir sexuel: le sujet retrouve une certaine quiétude; mais l'excès de désir réapparaît dès que l'on arrête le traitement. 

 

Chez l'animal, la testostérone est l'hormone de l'agressivité: la castration calme agressivité et comportement sexuel. De même, l'homme a besoin d'un minimum de testostérone pour activer le désir sexuel. Ainsi, chez le garçon, la puberté précoce peut déclencher un véritable état de rut, sans but: le garçon se précipite sur les femmes sans savoir pour quoi faire. Ce comportement disparaît avec le traitement de la puberté précoce.

 

Néanmoins, le mécanisme précis avec lequel l'hypertestostéronémie agirait chez l'adulte pour provoquer cet excès de désir sexuel et ce comportement compulsif, reste plutôt flou, puisque certains hommes ont un taux de testostérone supérieur à la normale, sans être incommodés pour autant par une pulsion sexuelle excessive.

 une maladie neurologique cérébrale est rarement en cause. On la recherche lorsque l'hypersexualité apparaît subitement chez un sujet jusque là "paisible".

 l'explication psychologique de ce comportement est difficile.

 

Parfois, il existe une dépression maniaque : c'est dans la phase d'excitation que le sujet présente un comportement hypersexuel incontrôlable, avec troubles du sommeil, euphorie, irritabilité, voire délire. Cet état répond assez bien au traitement par le lithium qui rétablit un niveau acceptable de désir sexuel.

 

Dans les cas où aucune cause n'est retrouvée, force est de recourir à un traitement symptomatique. Ce traitement consiste à faire baisser ou réduire à 0 le taux de testostérone (qu'il soit au départ élevé ou non) grâce à un médicament antiandrogène, avec l'objectif d'annuler l'excès de pulsion sexuelle. C'est un traitement à vie qui nécessite donc l'accord et la coopération du sujet - même quand il y a délinquance. 

 

   

On voit donc que le comportement hypersexuel peut être motivé par des causes très différentes : l'angoisse narcissique de normalité, l'angoisse de castration, l'excès de désir sexuel. Il n'est pas toujours facile de démêler les raisons de l'hypersexualité – comportement, ce qui ne pousse pas forcément le sujet à consulter.

 

 

Source : http://www.cap.tm.fr

Centre d’Andrologie de Paris

Par CAP - Publié dans : Médical - Communauté : Réalités
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