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  • : Ce blog est un espace de liberté, où les femmes hypersexuelles pourront parler comme elles le veulent, se confier, et nous faire comprendre comment elles en arrivent à être ce qu'elle sont.
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Mardi 15 décembre 2 15 /12 /Déc 10:40

 

Nymphomane, pas toujours une partie de plaisir

 

Nymphomane : femme souffrant d'une affection psychologique se traduisant par une compulsion à avoir le plus de rapports sexuels possible.

Si pour certains hommes cette définition pourrait être le reflet de la femme idéale ou pour d’autres, un terme péjoratif pour qualifier une femme de petite vertu, être nymphomane n’est pourtant pas facile à gérer pour les deux partenaires.

 

Avoir envie de faire l’amour avec son partenaire tous les mois, toutes les semaines ou tous les jours est considéré aux yeux de tous (de notre société), comme "normal". Lorsqu’ une femme a envie de sexe toutes les heures, avec son partenaire ou un autre, pour assouvir ce qui n’est plus une envie mais un besoin, cela devient inquiétant. Car si les hommes aiment souvent dire "cette femme est une nymphomane !" pour signifier qu’elle aime le sexe et ne s’en cache pas, en médecine le terme nymphomane est une pathologie qu’il ne faut pas prendre par-dessus la jambe, et qui dans un couple, peut s’avérer au bout du compte, épuisant et destructeur.  Et ce n’est pas toujours évident pour un couple de communiquer sur ce sujet là. Se sentir honteuse, anormale ou encore perverse, n’a rien de très glorifiant pour ces femmes, qui contrairement à ce que l’on pourrait croire, ont souvent du mal à accepter cette situation…

Pour Laetitia, ce comportement "étrange" a commencé lorsqu’elle avait 12 ans. "Quand j'ai découvert la masturbation, j'avais douze ans, explique-t-elle, je devais me masturber au moins 20 fois par jour
. J’avais tout le temps envie. Je ne savais pas si c’était normal ou pas à ce moment là. A 14 ans j’ai eu mon premier rapport sexuel. Je suis devenue obsédée par le sexe. J’y pensais en permanence. J’avais envie de coucher avec tous les garçons de l’école. Et je ne me privais pas. Ils ont commencé par dire que j’étais une fille facile et puis en grandissant, vers 16 ans, j’ai entendu pour la première fois le mot nymphomane. Je savais ce que ça voulait dire, mais je n’avais pas envie de me poser trop de questions.
Ce qu’il faut surtout dire, c’est qu’en réalité, je ne prenais pas de plaisir lors de mes rapports sexuels. J’étais trop jeune pour analyser tout ça à l’époque. Aujourd’hui, je comprends mieux. Mais c’était la frustration de ne pas avoir de plaisir qui me poussait à multiplier les rapports et les partenaires, dans le but de trouver celui qui me ferait jouir comme moi j’y arrivais par la masturbation.

Et c’est arrivé, j’ai rencontré un homme à 23 ans qui m’a procuré du plaisir. Je suis tombée amoureuse de lui, c’est aujourd’hui mon mari, et moi je suis toujours nymphomane ! Je pensais vraiment en le rencontrant, que la satisfaction qu’il m’apportait me suffirait et que je me calmerais. Pas du tout ! Mais mon comportement a évolué. En fait, je suis devenue insatiable avec lui, pour qu’il me donne du plaisir mais aussi pour lui en donner. Les six premiers mois, il était ravi ! Et puis, au bout de six mois, il s’est un peu inquiété de ce comportement et lui aussi a commencé à me dire que j'étais nymphomane mais en tant que pathologie. Il pensait qu’en me refusant certains rapports, je finirais par me calmer. Mais sans vraiment réfléchir, j’allais trouver ailleurs ce que lui ne voulait plus me donner. Je ne culpabilisais même pas, comme je n’étais pas amoureuse des autres avec qui je couchais. Mais je ne prenais pas vraiment de plaisir. Mon mari l’a découvert. Il y a eu une crise terrible dans notre couple évidemment. Mais pour la première fois, une remise en cause de ma part, et l’idée de m’avouer enfin que oui, j’étais sûrement malade et que je pouvais me soigner. Que c’était "grave" et que je mettais en péril mon couple. J’ai commencé une thérapie, je la poursuis toujours. Je ne suis pas encore en mesure de dire pourquoi je suis nymphomane, pourquoi j’ai tant besoin de sexe, mais j’y travaille ! Il y a des hauts et des bas avec mon mari, mais je ne vais plus "voir ailleurs". Mais j’ai des périodes de manque intense, où je suis vraiment mal. D’autres périodes où j’y pense moins.



Certains de nos amis sont au courant, ma famille aussi. C’est amusant, parce que la première réflexion des amis de mon homme c’est de dire « Wahou, la chance ! J’aimerais que la mienne soit nymphomane ! » Je pense qu’ils ne se rendent pas compte que ça peut être blessant, frustrant même. Mon mari a parfois l’impression de n’être qu’un "jouet sexuel" pour moi, qu’il n’y a que ça qui m’importe. Et puis il ne me fait pas toujours confiance sur mes sorties par exemple. Je le comprends. Mes amies ne comprennent pas non plus, pour elles, il n’y a pas de "maladie", c’est une chose que je pourrais très bien tempérer seule, juste en me raisonnant. C’est évidemment faux, sinon, je l’aurais fait ! Les médecins préfèrent parler d’addiction au sexe, c’est moins péjoratif. Et c’est un terme qui s’applique aussi bien aux hommes qu’aux femmes, ce qui n’est pas le cas de nymphomane. Je me souviens de l’acteur Michael Douglas, qui a été traité pour des troubles sexuels. Les gens trouvaient ça incroyable de se faire soigner pour ça ! Mais ils ne comprennent pas qu’au quotidien, une fois que l’on a pleinement conscience du problème, c’est un enfer à vivre…"


Pour combler nos lacunes envers cette "pathologie" qui surprend toujours autant qu’elle intrigue, nous avons posé nos questions à Catherine Cudicio, psychanalyste et coach.
Etre nymphomane, qu’est ce que c’est exactement ?


Catherine Cudicio : Une notion d’exagération du désir sexuel et d’actes sexuels, accompagnée d’obsessions. Ce trouble n’affecte que les femmes, et s’accompagne de « libido insatiata », autrement dit, le rapport sexuel n’apporte pas la jouissance libératrice de l’orgasme, ni beaucoup de plaisir mais une satisfaction passagère et une permanente frustration.


Est-ce une vraie pathologie ?

C.C : Aujourd’hui, on parle soit de désir excessif, soit d’addiction sexuelle pour désigner ce qu’hier encore on nommait une personne nymphomane. D’un autre côté, il n’y a pas d’autre norme que la morale de la société pour décider si on a « trop » ou « pas assez » de rapports sexuels, si on y pense "trop", si  on peut ou pas résister à la tentation et comment on gère ses frustrations et son plaisir. S'il s'agit d'une compulsion sexuelle, cela pousse la personne à se masturber très fréquemment et à rechercher le plaisir et l'orgasme pour ses propriétés anxiolytiques, il s'agit non pas d'une pathologie sexuelle mais névrotique qui peut masquer un problème de dépression. Ce "désir excessif" peut aussi être révélateur d'un manque d'affection, manque d'amour…


Comment peut-on y remédier ?

C.C: D’abord, il s’agit de savoir si la personne est vraiment nymphomane, et si c’est le cas, il sera possible d’agir. En accédant au sens : à quoi sert le sexe, à quoi sert le plaisir, quelle est la place de l’autre dans l’univers érotique. Puis en privilégiant la qualité dans les rapports, c’est à dire en accédant à une jouissance réellement satisfaisante et à un plaisir contrôlé.

 

 

 

De quoi vient cette pathologie ? Troubles psychiques ? Physiques ?

C.C : Chez la femme, le désir excessif affecte surtout le clitoris, la pénétration n’est pas le but, et l’orgasme est recherché pour ses propriétés anxiolytiques. Ce trouble se manifeste dans un contexte névrotique, comme une dépression par exemple. Dans d’autres cas, le problème reflète une croyance, la femme imagine que l’amour crée de l’amour et multiplie de façon compulsive les occasions de le faire et de donner du plaisir. Il s’agit donc de savoir exactement de quoi on parle, s’agit-il d’un désir sexuel inassouvi, impossible à satisfaire, ou bien d’une véritable obsession ? Une addiction ne s’installe que dans des conditions particulières, déjà il faut avoir acquis la certitude que le moyen choisi (sexe ou drogue) va permettre de soulager le manque. Maintenant, de quoi manque-t-on ? Apaisement, sommeil, plaisir, plénitude, oubli, jouissance, les raisons ne manquent pas. Chaque histoire est singulière.


Quelles sont les manifestations les plus courantes ?

C.C : l'addiction d'une femme nymphomane se manifeste d’abord par des fantasmes, des pensées sexuelles, c’est selon la tendance moralisatrice d’aujourd’hui le premier degré du trouble. Ensuite, bien sûr, on évoque les moyens de mettre en œuvre : nombreuses occasions de rencontre, partenaires multiples. À cela s’ajoute la difficulté réelle d’arriver à un orgasme qui apporte un réel plaisir, puissant, profond, régénérant… Psychologiquement, la situation est parfois intenable, une compulsion sexuelle assortie d’une insatisfaction permanente, dans un climat de désapprobation générale, comment ne pas culpabiliser d'être nymphomane ???


Comment vivent les hommes en général avec une nymphomane ?

C.C : Du moment qu’il ne s’agit pas de leur compagne, ils sont plutôt intéressés, la nymphomane représente depuis des siècles un personnage majeur de l’univers fantasmatique masculin.
Quand l’homme se sent plus concerné, la femme nymphomane menace leur énergie vitale, les métaphores cannibales "mangeuse d’homme", et "dévoreuse de santé", traduisent bien la peur d’être mangés tout cru. Il existe dans d’autres cultures un fantasme qui met en scène une femme géante capable d’absorber en entier un homme ridiculement petit.
Dans un couple, lorsqu’il y a un décalage entre les demandes sexuelles, cela pose des problèmes qu’on peut résoudre dans la recherche d’un plaisir de grande qualité, l’imagination, l’exploration des univers fantasmatiques de l’un et l’autre.

Pathologie ou simple addiction, fantasme masculin ou angoisse féminine, être nymphomane n’a pas encore fini de faire parler... En témoigne Le Roman de Catherine M, qui la fera vite passer, dans les médias, pour une… nymphomane ! Plus de cinquante partenaires à son actif, sans compter les partenaires rencontrés lors des "sports collectifs", l’écrivain assume pourtant pleinement sa sexualité, son plaisir, sans rougir, et sans se soucier du qu’en dira-t-on, malgré les mauvaises langues qui ont fusé… Quand on sait que l’acteur Warren Beatty annonce un palmarès de plus de 1000 conquêtes, et qu’on lui tire tous notre chapeau, on se dit qu’effectivement, là encore l’égalité homme/femme, ce n’est pas gagné !

 

Source : www.journalducouple.com

Par journalducouple.com - Publié dans : Analyses - Communauté : Réalités
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