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  • : Ce blog est un espace de liberté, où les femmes hypersexuelles pourront parler comme elles le veulent, se confier, et nous faire comprendre comment elles en arrivent à être ce qu'elle sont.
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Samedi 19 décembre 6 19 /12 /Déc 00:00

En réponse au texte de Cindy, prostituée, qui revendique ses droits de pratiquer librement la prostitution, il y a déjà eu de nombreuses réactions. Celle de Sylvie est particulièrement « rude ». Je la publie, avec les réactions d’Acetos et de Cindy. 

 

Réflexions de Sylvie :

 

L’acte sexuel que l’acheteur fait subir à la (au) prostituée est un crime.
Abuser de son pouvoir financier pour obtenir l’accès sexuel au corps d’autrui : cet acte est un crime.
L’acte sexuel commis par l’acheteur est un VIOL, un viol auquel la prostituée n’a donné son consentement que sous la pression de l’argent.


Le client, le prostituant, a l’argent, c’est-à-dire le pouvoir de décider, c’est pourquoi il est LE responsable de la prostitution.
Le client n’a pas d’excuse acceptable, les plus éduqués ont encore moins d’excuses, mais les plus pauvres… n’ignorent pas la détresse qui pousse les femmes à la prostitution.
La prostitution n’est pas un « service sexuel ».


L’économique est la production de biens, parfois, c’est vrai, au prix ou au risque d’une destruction de la santé des ouvrier-es, mais pas dans ce but.
La prostitution n’est pas l’achat d’un service de plaisir. Si le prostituant ne voulait que des sensations, il achèterait des fictions érotiques ou des gadgets.

Mais non, ce que l’acheteur veut c’est voir, sentir sur sa peau, une femme nier ses sensations à elle, réprimer son dégoût envers lui, et par là se détruire.
Qu’il ait ou n’ait pas du tout la conscience perverse de faire souffrir, ce que le prostituant achète, c’est la destruction de l’autre.

La prostitution ne relève pas de l’économique parce qu’elle n’est pas production de richesse, mais destruction de personnes. Elle relève de l’ordre cannibale pur et simple.
Nous protestons contre le rejet par les parlementaires de propositions de loi ou d’amendements, visant à punir le client.

Nous accusons tous ceux qui trouvent des excuses aux clients, de déni de la violence faite aux femmes (ou aux hommes) qui vendent l’accès à leur corps pour survivre, pour aider leur famille, pour de la drogue … Ce déni est une double violence : il permet la perpétuation des viols, il interdit à la prostituée de dire la violence qu’elle subit.

A défaut, la loi de 2003 a permis de réprimer et de stopper l’achat, N.Sarkozy tente par ce moyen d’empêcher les « proxénètes d’étaler leur marchandise sur les trottoirs. ».
J'accuse tous ceux qui trouvent des excuses aux clients, de ne laisser, en pratique, au gouvernement d’autre option concrète pour freiner la traite des femmes…

Qu’une répression des femmes victimes elles-mêmes. La loi pénale devrait interdire d’acheter l’accès sexuel au corps d’autrui.


Il faut des mesures pour aider les femmes (et hommes) prostitué-es, sans les marquer par un statut spécifique, à bénéficier effectivement des droits généraux de toute personne : droits sociaux, droit à la protection de la police, aide pour échapper à cette situation de violence…

 

 

Réponse de Cindy :

 

Merci à Acetos d’avoir réagi avec un témoignage courageux et fort ! Chacun est libre de ses opinions mais qui êtes vous, Sylvie pour donner des leçons ?

 

Ne seriez vous pas cette Sylvie qui intervient régulièrement sur le blog d’Olga, avec des commentaires qui sont de vraies imprécations ?


Vous osez dire que le fait de recourir à une prostituée est un crime ou un viol. Pour celles qui sont forcées, exploitées par des macs, contraintes par la misère, oui c’est un viol. Mais ce terme ne doit pas être généralisé ne serait-ce que par respect vis-à-vis des victimes de viol. Marine et d’autres ont en parlé ici de ce que cela représente comme traumatisme et douleur...


Oui, il faut combattre le proxénétisme, l’esclavage sexuel des femmes.
Mais en vous en prenant au client, vous vous trompez de cible, oubliant que la prostitution existe depuis la nuit des temps et qu’à Athènes ou à Rome, les belles hétaïres occupaient une place reconnue dans la société.


La législation française actuelle a deux conséquences :


- en réprimant le racolage passif, en plaçant les clients en « insécurité », elle pousse à la clandestinité, aux lieux discrets voire sordides. Et ce au détriment de la santé, de la sécurité, des conditions de travail des prostituées. J’ose le dire, cela renforce le pouvoir des macs alors que c’est lui qu’il faut combattre, le proxénétisme organisé étant souvent lié au milieu ;


- la répression du proxénétisme ne casse pas les réseaux du milieu mais empêche les professionnelles d’avoir un mari, un amoureux. Oui, Sylvie, en tant que « putain » comme vous dites, j’ai droit à une vie affective et aussi à une vie de famille.

Quant aux clients, pourquoi les diaboliser ? Reconnue, réglementée, protégée au niveau de la santé publique, la prostitution deviendrait un service, j’ose l’écrire, pour des personnes qui ont envie de relations autres et pas seulement pour ceux qui sont frustrées de la solitude ou de la monotonie de leur couple. Oui, nous rendons service ! Et comment osez-vous dire aux clients de remplacer des relations réelles par un gadget ou une lecture ? Rien ne peut remplacer des relations humaines, y compris quand elles se limitent à des rapports tarifés entre deux adultes.


Comme le dit si bien Acétos, vous n’avez pas le droit de faire de tous les clients des « salopards », qui prennent la femme pour un objet, pire, qui voudraient l’humilier, la détruire. Leurs motivations sont diverses mais ce n’est pas seulement « tirer un coup». Ils ont aussi besoin de tendresse, de caresses, d’affection. C’est ce que je leur offre. Ce que vous décrivez, c’est une forme de prostitution, de type abattage, sordide et de bas étage. D’accord pour dénoncer cet esclavage mais ne généralisez pas !

Vous n’imaginez pas qu’il y a aussi des femmes comme moi, qui aiment leur métier- car c’est un métier-, qui prennent et donnent du plaisir. Je suis hypersexuelle, j’ai besoin de faire l’amour souvent, j’aime qu’on me regarde avec désir, j’aime m’habiller court, porter un décolleté plongeant, mon métier me permet de combiner la réalisation de mes envies et mon revenu.


Nous revendiquons nos droits : droit d’exercer librement, droit de ne pas être embarquées par la police parce que nous racolons, droit à la protection sociale, à la retraite, droit à avoir une vie de couple, une famille, mais aussi droit au plaisir. Je ne fais pas de l’abattage, je sais faire comprendre au client qu’il aura encore plus de plaisir si celui-ci est partagé, qu’il pourra avoir la fierté de m’avoir procuré un orgasme, lui qui se plaint de son peu de relations féminines ou qui souffre d’avoir une épouse frigide.
Mon corps m’appartient. Si j’ai envie de le vendre, ou plutôt de le mettre à disposition tout en ayant du plaisir, c’est mon affaire.


Sylvie a le droit de penser ce qu’elle veut, mais pas celui de les juger. Son texte m’a beaucoup choquée. Je remercie Sophie de me donner l’occasion de réagir avec force.

 

 

Réponse d’Acetos :

 

Je ne vais pas tout citer mais je peux difficilement laisser passer certains commentaires de Sylvie sans réagir.

« La prostitution n’est pas l’achat d’un service de plaisir. Si le prostituant ne voulait que des sensations, il achèterait des fictions érotiques ou des gadgets. »

Si les fictions érotiques et gadgets suffisaient à satisfaire les recherches de « sensations » on verrait certainement moins de gens dépenser argent et énergie à trouver des partenaires et Meetic n’aurait pas le succès qu’on lui connaît.

« Mais non, ce que l’acheteur veut c’est voir, sentir sur sa peau, une femme nier ses sensations à elle, réprimer son dégoût envers lui, et par là se détruire. »

Sylvie j’ignore si pour affirmer ce genre de chose vous avez été vous-même cliente mais si c’est le cas merci de ne pas extrapoler de votre expérience, de votre seul vécu visiblement fortement influencé par votre part d’ombre, l’approche d’autres personnes.


J’ai, dans un lointain passé, été client de prostituées, or ma démarche ne ressemblait en rien à ce que vous décrivez. Je ne m’aventurerai pas à affirmer que tous les clients vont voir des prostituées avec des motivations identiques aux miennes, mais je peux néanmoins affirmer que ce que vous décrivez n’est pas du tout généralisable.

A aucun moment je n’ai cherché à détruire quiconque, prostituée ou pas, à aucun moment je n’ai souhaité qu’une femme, prostituées incluses, nie ses sensations à elle, se détruise. Quant à songer que ces femmes aient du réprimer leur dégoût pour être avec moi le hasard fait que j’ai retrouvé des photos de moi de cette lointaine époque, photos qui m’ont fait me souvenir de propos que je croyais alors trop élogieux pour être sincères et qui pourtant devaient l’être.

J’ai été voir des prostituées tout d’abord car j’étais attiré par une féminité qui me fascinait, ensuite dans l’espoir de connaître un ersatz à l’intimité amoureuse (j’étais affreusement timide avec les femmes, je n’osais pas les aborder).

J’étais vraiment loin de mépriser ces femmes, à l’époque j’idolâtrais la féminité !

Il se trouve que si j’ai été client j’ai aussi été… prestataire de services.

Si il m’est arrivé de vendre des services sexuels occasionnellement à aucun moment je n’ai vécu cela comme une violence qui m’était infligée et si de votre côté vous avez vécu la chose différemment cela ne vous autorise pas, encore une fois, à généraliser. Au passage je trouve, si vous vous exprimez bien en fonction de votre vécu et non pas d’une vision fantasmée des choses, votre cas intéressant, paradoxal : une personne ayant été d’un côté cliente destructrice et d’un autre côté prostituée vivant comme une violence son métier.

En ce qui me concerne, je me suis prostitué car, ayant remarqué que je plaisais aux hommes, je souhaitais tirer un bénéfice financier de rapports qui ne me comblaient pas sexuellement. Mais si je n’ai pas retiré de véritable plaisir physique dans ces rapports, je n’ai pas non plus connu de déplaisir et n’ai à aucun moment vécu cela comme une violence qu’on m’infligeait. Je n’éprouvais ni plaisir ni déplaisir sexuel mais aimais donner du plaisir et ai aimé ces rencontres aussi pour cela (et pas que pour l’argent engrangé).
J’aurais su où proposer mes services à des femmes j’aurais été comblé et aurais certainement fait le bonheur de certaines (j’avais une très forte libido à l’époque) mais la clandestinité de cette pratique m’a empêché d’exercer avec celles-ci.


Si à aucun moment je ne me suis senti sali par la vente de prestations sexuelles, je ne pourrais cependant pas en dire autant d’autres activités professionnelles pourtant parfaitement bien acceptées.
Pénétrer, me faire pénétrer, caresser, me faire caresser,… contre rémunération ne m’a jamais posé le moindre problème, je n’en dirais pas de même avec la pratique répandue de la « lettre de motivation » que j’ai elle toujours vécue comme une violence que les règles de la recherche d’emploi m’imposaient.

Si vous avez vécu la vente de prestations sexuelles comme une violence, n’en déduisez pas hâtivement que tout le monde le vivra aussi mal que vous. Il est des métiers que je vivrais très mal, et que d’autres exercent pourtant avec bonheur, considérez que la prostitution n’échappe pas à cette règle : s’il est des gens qui peuvent mal vivre ce métier, il en est d’autres qui s’y épanouissent.

Par Acetos, Cindy, Sylvie - Publié dans : Témoignages - Communauté : Réalités
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