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  • Les femmes hypersexuelles
  • : Ce blog est un espace de liberté, où les femmes hypersexuelles pourront parler comme elles le veulent, se confier, et nous faire comprendre comment elles en arrivent à être ce qu'elle sont.
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Vendredi 4 septembre 5 04 /09 /Sep 00:07

Je m’appelle Charlotte, j’ai 50 ans et deux filles de 17 et 20 ans. J’ai eu une enfance heureuse, j’étais bien. J’ai cinq sœurs et trois frères. Mon père était un peu sévère : on ne pouvait pas sortir ni aller dans les dancings. Il fallait toujours que tout le monde mange ensemble, il aimait que toute la famille soit réunie. Mes frères, eux, pouvaient sortir. Chez nous, les garçons sont plus libres que les filles. Mon papa n’était pas un homme violent, c’était un homme sévère, strict. Mais on pouvait s’habiller comme on voulait et se maquiller.

J’ai vécu chez mes parents jusqu’à l’âge de 29 ans. J’étais la plus âgée et je jouais un peu le rôle de maman car ma maman ne savait pas bien parler le français. Donc c’était moi qui allais acheter les chaussures de mes frères et sœurs avec eux, qui préparais les mariages, les communions, ...

J’ai toujours travaillé sauf quand j’ai eu ma deuxième fille. J’ai arrêté, car on me proposait un mi-temps. Puis j’ai recommencé. Je ne travaille plus depuis trois ans. Mon mari ne m’a jamais demandé d’arrêter de travailler. Au contraire, il fallait que je travaille pour ramener de l’argent. Mon mari était facteur et à ce moment-là, il travaillait la nuit, à 4 h du matin.

Pendant nos fiançailles, il était charmant : on allait boire un verre, on allait au restaurant, au cinéma, on allait voir ma famille. C’était un homme galant : il m’ouvrait toujours les portes. Tout ce que je faisais était bon pour lui. D’ailleurs, il avait une maison du côté de Charleroi, et il l’a vendue pour venir habiter par ici. Je pouvais continuer à voir mes copines, m’habiller comme je voulais. Il n’était pas jaloux. On se voyait tous les après-midi. Donc, je n’ai pas vu que c’était un alcoolique, car il buvait toujours le soir. C’était un bon vivant, il me disait qu’il aimait bien boire un verre, mais cela ne m’a jamais inquiétée car mon père aussi aimait boire un verre, mais raisonnablement.

C’était un garçon malheureux. Son père a quitté sa mère, et il a été placé à l’âge de deux ans. Puis sa mère l’a repris, mais elle l’a replacé à l’âge de 13 ans car elle ne savait pas en faire façon. C’était un vagabond, et donc, il n’a pas vécu dans un bon contexte familial, il n’avait pas un esprit de famille comme chez moi. J’ai été de ce fait plus compréhensive avec lui car je me disais que comme il n’avait jamais vécu dans une famille unie, il avait du mal à vivre normalement avec nous.

La violence a commencé quand on s’est mariés. Elle était d’abord psychologique et morale. A partir de là, j’ai eu deux maris, un charmant et un démon. Quand il avait bu, si ça ne se passait pas comme il le voulait, il cassait tout : la table, la vaisselle. Et je lui donnais toujours raison même quand il avait tort pour ne pas augmenter la dispute. Mais le lendemain, quand je lui disais, il me disait de ne plus parler de cela, qu’on était bien, calmes. Il me demandait si je cherchais encore de la dispute, alors je me taisais. C’était un homme qui cherchait les problèmes, aux voisins, à ses collègues et quand on les cherche, on les trouve. Mais il disait que c’était les autres qui lui cherchaient misère.

Il était très autoritaire, dominateur avec nos filles. Elles avaient très peur de lui et même actuellement, elles ne veulent toujours pas le voir. Elles devaient rester assises sans bouger, ne pas boire en mangeant. Elles devaient nettoyer sa volière avec un couteau ou une fourchette, ramasser les affaires qu’il avait jetées dans la pelouse (tiroir rempli de mouchoirs, d’essuies, ...). Elles ne pouvaient pas jouer avec les voisins. Il voulait des oies, des chiens, des oiseaux, des chats, des hamsters. Mais c’était les enfants qui devaient nettoyer les crasses. Il pouvait donner un animal sans s’occuper que ses filles s’y soient attachées.

Une fois qu’il avait bu, il a obligé ma fille de 8 ans à conduire sur l’autoroute et il lui a dit de ne rien me dire sinon il me tuait. Souvent, il les punissait pour rien dans leur chambre sans livre, sans écrire et sans musique. Quand il avait bu, on devait être là, à sa disposition. Je ne pouvais pas sortir. Mais je ne répondais pas, je ne le contredisais pas, je me sentais coupable. Je me disais que peut-être, je ne savais pas m’y prendre avec lui et que c’était pour cela qu’il buvait. Le plus dur, c’est qu’on ne pouvait jamais parler de nos problèmes, car sinon, il disait que je cherchais la dispute.

 

Quand les enfants ne faisaient pas ce qu’il disait comme il le disait, il lui arrivait de leur mettre une claque et elles avaient tellement peur qu’elles faisaient pipi sur elles. Quand il avait bu, nous étions ses servantes, nous devions lui obéir au doigt et à l’œil. Mais comme de toute façon, quoi que nous fassions, ce n’était jamais bien, c’était toujours le bordel. Et comme il buvait tous les jours, c’était comme cela tous les jours. Tous les jours, il nous menait à la baguette, il cassait des choses, brûlait des nappes, jetait mes linges dans la rue, jetait la nourriture ou faisait du chantage au suicide. Il lui arrivait quelques fois de prendre des médicaments devant nous ou de prendre un couteau et de se couper les veines.

Quand je n’en pouvais plus, je partais dans ma famille, mais il revenait me chercher en me disant qu’il n’allait plus boire, qu’il allait se soigner. Et j’y croyais parce que, pendant que je restais là, il ne buvait pas un verre, il était toujours à sang frais. Et j’avais beaucoup de mal à partir, car le matin à jeun, d’une certaine manière, il m’achetait, il disait qu’on allait faire plein de choses. Il carrelait, faisait le jardin, il mettait la main à tout. Il était vraiment charmant, et une fois qu’il avait bu, c’était fini, ce n’était plus le même homme.

Il cherchait des problèmes à tout le monde, menaçait ma famille avec sa 22 long, achetait sans se soucier de nos moyens (grosse voiture, chiens, ...). Il n’a pas voulu que je veille mon père à sa mort. Il battait ses animaux. Je calmais toujours les choses car, pour moi, la famille c’était important. Je voulais qu’on mange tous ensemble et puis qu’on aille se promener. Je recherchais cela, alors j’évitais les conflits et lui donnais toujours raison. Et quand je lui demandais les raisons de son comportement, il disait que c’était de ma faute.

La violence physique a commencé le jour où j’ai refusé qu’on achète un terrain à bâtir à côté de la maison pour y faire un terrain de jeux pour les enfants. C’était la première fois que je ne voulais pas faire quelque chose qu’il disait. Ce jour-là, il a tout cassé dans la maison, il a appelé la police parce que je ne voulais pas signer la promesse d’achat. Il a porté les enfants chez ma mère et quand il est revenu, il m’a battue, j’avais le visage tout noir.

A partir de ce jour-là, je n’ai plus eu qu’un homme méchant, même quand il n’avait pas bu. Ce n’était plus le même qu’avant, il était agressif, cherchait toujours les conflits. Il m’a battue régulièrement, même devant les enfants. Cela a encore duré plus ou moins un mois.

Un jour, ma belle-sœur m’a donné le numéro du Refuge. Un jour, il voulait encore que je signe pour le terrain, je n’ai pas voulu et il m’a dit que si je restais là le week-end, il me tuait. Alors, j’ai décidé d’aller chercher mes enfants à l’école, et je suis allée au Refuge pour Femmes Battues. Je suis restée là six mois. Heureusement que je les ai eues pour mes démarches, pour me réinstaller. On m’a montré que ce que je vivais était grave, que ce n’était pas ma faute, que j’en avais déjà beaucoup trop supporté.

Maintenant, cela fait 8 ans que je vis seule avec mes filles. Je me suis acheté de beaux meubles petit à petit et je suis fière de ma maison. Je vais bien malgré quelques problèmes de santé dus au stress (ulcères, hypertension) car je gardais toute ma colère en moi, je n’osais pas l’affronter. Mes filles n’ont plus jamais voulu voir leur père. Quand il leur arrive de le croiser en rue, elles changent de trottoir. Quelques fois, il me téléphone encore et il me dit que maintenant notre couple ne marcherait plus car je suis méchante. Ma famille me bourre la tête. Or, je ne suis pas méchante mais maintenant j’ose lui répondre, lui dire non et cela, cela ne lui plaît pas. Maintenant, je pense que si je lui avais répondu, la violence physique aurait commencé plus tôt, que l’alcool était quelque part une excuse, que dans le fond, il était méchant mais à sang frais, il n’osait pas m’affronter.

Je pense qu’il faudrait faire beaucoup plus de publicité sur des lieux où peuvent se réfugier les femmes battues car beaucoup de femmes restent chez elles car elles ne savent pas où aller. Il y a encore des milliers de choses à raconter, je pourrais écrire un roman.

 

Sophie : une fois de plus, votre expérience est bouleversante, et parle d’elle-même. Bravo d’avoir eu le courage de partir. Toutes les femmes ne l’ont pas, car leur volonté est totalement annihilée par celle de leur mari violent.

Puissent-elles trouver, comme Kilana, la force de faire comme vous !

En tout cas, si vous avez encore envie d’écrire, le blog vous est grand ouvert !

Par Charlotte - Publié dans : Témoignages
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